Le cerf de Virginie, souvent appelé à tort « chevreuil », est un spectacle courant et fascinant dans nos forêts. Il a même inspiré notre adorable mascotte Toufou! Bien qu’il soit parfois confondu avec le chevreuil, le cerf de Virginie est plus grand, mesurant environ 1 mètre à l’épaule et pesant entre 55 et 170 kg (120 à 375 livres). Il est bien adapté à la présence humaine et vit environ 10 ans.

À Tremblant, on les voit souvent se promener dans le village piétonnier, ajoutant une touche de nature sauvage à notre quotidien. Cet article, séparé en saisons, vous emmène à la découverte de cet animal majestueux, de ses habitudes de vie à sa reproduction, et vous prodigue des conseils sur la manière de l’observer de manière responsable.

Printemps : la saison des naissances

Au printemps, les femelles donnent naissance, souvent dans des clairières sécurisées. À l’approche de ces nouvelles naissances, la femelle chasse les jeunes nés le printemps passé. Pour donner naissance, elles choisissent un endroit sécuritaire comme une clairière couverte de hautes plantes. Elles peuvent avoir entre un et quatre faons par portée¹, pesant entre 1,5 et 5,5 kg². Les faons, vacillants et extrêmement maladroits, sont laissés seuls pendant quelques heures pour éviter les prédateurs. Pendant les premières semaines de sa vie, le faon du cerf de Virginie ne dégage aucune odeur corporelle³, ce qui le protège des prédateurs tels que les loups, les ours, les lynx du Canada et les coyotes.

Été : alimentation et sédentarité

Même si les jeunes commencent à brouter la végétation, l’allaitement se poursuit tout l’été. Le cerf de Virginie est très sédentaire et connaît parfaitement son territoire. Son alimentation en été est composée d’herbes, de feuilles, de pousses tendres, de fruits, de glands et de champignons. Il passe la majeure partie de la journée à ruminer, allongé dans le sous-bois. Ses périodes d’activités sont principalement concentrées à l’aube et au crépuscule³.

Automne : période de reproduction

À l’automne, la période de reproduction est marquée par les brames des mâles et les signaux olfactifs des femelles. Le cerf de Virginie s’accouple d’octobre à décembre, avec une activité plus intense en novembre². Les mâles, polygames, restent avec une femelle jusqu’à son ovulation, puis cherchent une nouvelle partenaire³. Avec l’arrivée des jours plus courts et l’augmentation du taux de testostérone, les mâles commencent à perdre leurs bois après le rut. La croissance et l’ossification du panache achevée, il se produit une vasoconstriction des vaisseaux sanguins à la base de la structure, et le velours sèche. Le cerf nettoie alors son panache des lambeaux en le frottant contre les arbres². La chute du panache se produit après le rut, en hiver.

Hiver : adaptation et survie

Avec l’arrivée de l’hiver, les cerfs se déplacent plus au sud vers des ravages, des zones où la neige est moins épaisse et le climat moins rigoureux?. Le flanc ouest du Mont-Tremblant abrite un ravage que les cerfs utilisent année après année. Dans ces zones, ils suivent des sentiers battus entre les aires d’alimentation et les aires d’abri sous les conifères². Le parc national du Mont Tremblant protège une partie significative du ravage du lac Tremblant. En 2003, on dénombrait 1740 cerfs dans une superficie de 140 km², dont 36 km² situés dans le parc. Malheureusement, la perte d’habitat dans les zones non protégées met en danger la population de cerfs.

Conseils pour l’observation

Pour observer les cerfs de Virginie de manière responsable, il est essentiel de garder une distance sécuritaire et de ne pas les nourrir, car ils perdent la crainte des humains et sont souvent victimes d’accidents de la route. De plus, en les nourrissant, vous perturbez leur régime naturel et créez de mauvaises habitudes. Si un cerf s’approche trop près, faites du bruit pour l’éloigner. Respecter ces consignes contribue à la protection de cette espèce emblématique et à la richesse naturelle de notre région.

Le cerf de Virginie est un élément clé de la biodiversité de Mont Tremblant. En apprenant à mieux le connaître et en respectant son habitat, nous contribuons à sa conservation et à l’équilibre écologique de notre région.

Références

¹ Pomerleau, 1973 /  ² Beaudin, 1983 /  ³ Banfield, 1977 /  4 Prescott, 1996

Pour plus d’informations sur la faune de Mont Tremblant et les efforts de conservation, visitez le site officiel du parc national du Mont-Tremblant.